Compasso

TDS – Tour de Suisse Rad AG

Employeurs Hans et Reto Meyer

L’un de nos revendeurs de vélos avait parlé une fois à mon père de monsieur H.: il travaillait comme monteur dans une entreprise, mais ne s’y plaisait pas. Comme il était sourd, il avait du mal à trouver un autre emploi. A l’une de nos séances hebdomadaires, mon père a dit qu’il souhaitait lui donner une chance chez nous. Nous avons essayé de voir ce qui changerait si on travaillait avec quelqu'un qui n’entend pas. L’équipe était d’accord de faire l’expérience. Avec un conseiller professionnel de l’AI, nous avons cherché la meilleure solution pour employer monsieur H. dans notre entreprise.

Employé monsieur H.

Quelques mois après, en avril 2003, monsieur H. a commencé comme monteur chez nous. Nous n’avons pas eu besoin de faire des adaptations techniques, car il ne travaillait pas sur des machines fonctionnant avec des bruits ou des signaux sonores. Par contre, nous avons mis plus de temps pour lui apprendre le travail parce que, avec le conseiller de l’AI, nous l’avons suivi de très près. Il fallait trouver ensemble les tâches dont il pouvait se charger.

Employé monsieur H., collègue de travail

«L’équipe aussi a dû s’habituer à monsieur H., et monsieur H. à l’équipe. Il a fallu trouver une façon de collaborer.» – «Je devrais parler davantage avec eux, m’ont dit mes collègues de travail. Mais comme je suis sourd et que je ne m’entends pas moi-même quand je parle, c’était un peu difficile pour moi au début.» – «Monsieur H. s’est finalement bien intégré dans l’équipe. Age, sexe, nationalité, handicap: nous nous rendons compte qu’un bon mélange est positif pour l’ambiance de travail; ça soude l’équipe. Embaucher une personne handicapée demande de l’investissement personnel, et c’est justement ce qui est enrichissant et crée des liens.»

Employé monsieur H.

«Il y a aussi eu des problèmes. La qualité de son travail ne satisfaisait pas à nos exigences dans tous les domaines. Il n’était pas capable d’exécuter suffisamment bien les tâches les plus fines, celles qui demandaient le plus de précision.» – «Je n’entendais pas, par exemple, quand la chaîne ne tournait pas correctement et que j’aurais dû mieux régler le dérailleur.» – «Comme nous voulions le garder quand même, nous avons cherché des alternatives, une nouvelle répartition des tâches. Nous l’avons donc mis au pré-montage, à la distribution et à la logistique. Monsieur H. est extrêmement consciencieux. Ce mélange de tâches lui plaît et le fait de réussir à travailler avec différents collègues lui a redonné confiance en lui. C'est un collaborateur très fiable. Il suffit de lui dire les choses une fois pour qu’il sache comment ça marche, sinon il demande. On peut compter sur lui.»

Employeur Reto Meyer

Avec l’AI, nous avons trouvé une bonne solution pour que monsieur H. soit correctement payé. Question horaires, il travaille à 100%. Au début, nous lui avons versé un salaire en fonction des prestations, c’est-à-dire 50% d’un salaire normal, auquel s’ajoutait une demi-rente de l’AI. Comme nous avons vu qu’il pouvait travailler de manière de plus en plus autonome, nous avons, en accord avec l’AI, réduit sa rente d’un quart, et nous lui versons aujourd’hui 75% d’un salaire normal, ce qui correspond au travail qu’il fournit effectivement. Financièrement, nous ne sommes pas perdants. // Novembre 2009
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